IPV-Migrants est une initiative européenne innovante qui vise à prévenir les violences conjugales subies par les femmes migrantes et issues de minorités ethniques, en s’attaquant à leurs causes profondes : les normes sociales et les rapports de pouvoir au sein des relations de couple.
Les femmes migrantes sont particulièrement exposées aux violences conjugales et à la discrimination, en raison de facteurs croisés tels que le genre, l’origine, le statut migratoire, la dépendance administrative ou économique, et l’isolement social. Ces violences sont souvent tolérées, minimisées ou invisibilisées, tant au niveau individuel que sociétal.
Porté par le Mouvement pour l’Égalité entre les Femmes et les Hommes (MEFH) en partenariat avec le Collectif des Femmes et d’autres organisations européennes, le projet IPV-Migrants s’inscrit dans une démarche de changement social durable. Il vise à renforcer les capacités des professionnel·le·s de première ligne, à soutenir les femmes victimes de violences conjugales et à promouvoir une plus grande égalité entre les femmes et les hommes.
Le projet adopte une approche globale et systémique qui implique l’ensemble des acteurs concernés : les victimes, les témoins, les professionnel·le·s, la société dans son ensemble, ainsi que les auteurs de violences, afin de déconstruire les normes sociales qui alimentent les violences au sein des relations intimes.
IPV-Migrants repose sur une approche rigoureuse qui combine analyse des normes sociales, recherche qualitative et mise à l’épreuve d’outils concrets sur le terrain. Le projet explore la manière dont les règles sociales, les représentations de genre et les cadres juridiques influencent les situations de violences conjugales vécues par les femmes migrantes.
Pour nourrir cette réflexion, le projet s’appuie sur des échanges avec les personnes directement concernées, ainsi que sur l’expertise de professionnel·le·s et de chercheur·euse·s. Ces contributions permettent de croiser les regards, d’identifier les mécanismes à l’œuvre et de mieux comprendre les effets – parfois invisibles – des politiques publiques sur les dynamiques de violence au sein des couples migrants.
Les enseignements issus de ce travail sont ensuite traduits en outils pratiques, pensés pour être utilisés par les acteur·rice·s de terrain dans différents contextes nationaux et institutionnels.
Le projet IPV-Migrants s’articule autour de plusieurs objectifs complémentaires :
1. Comprendre et analyser les normes sociales Identifier les normes, croyances et règles sociales qui tolèrent, justifient ou banalisent les violences conjugales, en particulier dans les contextes migratoires et interculturels.
2. Outiller les professionnel·le·s de première ligne Fournir aux acteur·rice·s clés (police, CPAS, secteur de la santé, associations, etc.) des outils concrets pour repérer les situations de violences conjugales, comprendre les dynamiques spécifiques vécues par les femmes migrantes et intervenir de manière adéquate et sensible aux enjeux d’intersectionnalité entre le genre, la migration et l’interculturalité.
3. Soutenir les femmes victimes de violences conjugales Améliorer l’accompagnement des femmes migrantes victimes de violences en mettant à disposition des ressources pratiques, adaptées à leurs réalités et à leurs besoins spécifiques.
4. Favoriser le changement de comportements et de mentalités Encourager une réflexion critique sur les masculinités, les stéréotypes de genre et les rapports de pouvoir, notamment auprès des hommes et des garçons, afin de prévenir les violences et de promouvoir des relations égalitaires.
5. Agir sur le cadre institutionnel et politique Sensibiliser les pouvoirs publics aux impacts des politiques et législations existantes — notamment en matière de regroupement familial et de statut de séjour — qui peuvent renforcer la vulnérabilité des femmes migrantes face aux violences conjugales.
6. Produire et diffuser des outils à l’échelle européenne Développer un ensemble de ressources comprenant un guide méthodologique, une grille d’évaluation, un MOOC de formation et un kit pédagogique, destinés aux professionnel·le·s et aux organisations travaillant sur les violences conjugales et l’égalité de genre.
L’un des axes centraux du projet est le renforcement des compétences des professionnel·le·s amené·e·s à intervenir auprès des femmes migrantes victimes de violences conjugales. IPV-Migrants développe des supports méthodologiques et pédagogiques permettant de mieux repérer les situations à risque, d’analyser le rôle des normes sociales et d’adapter les réponses apportées.
Des dispositifs de formation, dont un parcours en ligne, accompagnent la diffusion de ces outils et favorisent leur appropriation par les professionnel·le·s. Une phase d’expérimentation sur le terrain permet d’ajuster les contenus et de garantir leur pertinence dans des contextes variés.
Ce document rassemble une liste actualisée des services d’aide juridique disponibles en Belgique pour les femmes migrantes victimes de violences. Son objectif est de faciliter l’orientation vers des structures compétentes, accessibles et sensibilisées aux réalités spécifiques que vivent ces femmes.
En répertoriant les principaux acteurs de l’accompagnement juridique, cette ressource vise à renforcer la protection des droits et l’accès à la justice pour toutes, quel que soit leur statut ou leur origine et dans un cadre sécurisé pour chaque femme et leurs enfants.
CONTENU DU COURS EN LIGNE:
Bien que les violences par un partenaire intime touchent tous les groupes sociaux, les femmes migrantes et issues de minorités ethniques sont dans une situation de vulnérabilité accrue. En effet, ces femmes sont particulièrement vulnérables aux violences et sont souvent confrontées à de multiples formes de discriminations.
Cette formation en 5 modules vous permettra de mieux connaître cette notion. Une attestation de suivi vous sera délivrée au terme de cette formation. Commencez dès maintenant le visionnage de ce MOOC sur un sujet émergent et essentiel à la prévention des violences faites aux femmes.
Vous pouvez suivre cette formation quand vous le voulez, dans l’ordre que vous souhaitez.
Elle est disponible 24h/24, 7 jours sur 7. Elle est aussi accessible sur smartphone.
À travers cette démarche, IPV-Migrants vise à améliorer durablement la compréhension des violences conjugales dans les contextes migratoires et à renforcer la qualité de l’accompagnement proposé aux femmes concernées. Les professionnel·le·s formé·e·s développent une lecture plus fine des situations de maltraitance, intégrant les dimensions sociales, culturelles et institutionnelles.
Au-delà des pratiques professionnelles, le projet entend contribuer à une évolution plus large des représentations sociales. En mettant en lumière le rôle des normes et des inégalités de genre, IPV-Migrants participe à la construction de réponses collectives plus justes, respectueuses des droits et des parcours des femmes migrantes.
La violence au sein du couple ne relève pas uniquement de situations individuelles : elle s’inscrit dans des rapports sociaux, des normes de genre et des inégalités structurelles qui touchent de manière disproportionnée les femmes migrantes. Le projet IPV-Migrants part de ce constat pour développer une approche globale, à la fois préventive et transformatrice.
En s’appuyant sur la recherche, la formation et la production d’outils pratiques, le projet renforce les capacités des professionnel·le·s amené·e·s à accompagner des situations de violences conjugales. Plus de 1 000 acteur·rice·s de terrain seront ainsi formé·e·s à mieux comprendre les réalités vécues par les femmes migrantes et à adapter leurs pratiques.
IPV-Migrants agit également sur le plan collectif, en questionnant les normes sociales qui rendent la violence acceptable ou invisible, et en encourageant des changements durables des comportements et des représentations. À travers cette démarche, le projet contribue à construire des environnements plus sûrs, fondés sur l’égalité entre les femmes et les hommes et le respect des droits fondamentaux.
Funded by the European Union. Views and opinions expressed are however those of the author(s) only and do not necessarily reflect those of the European Union or european education and culture executive agency (EACEA). Neither the European Union nor the granting authority can be held responsible for them.