hamb menu

Stylisme

Le Centre d’Expression et de Créativité « Regards Pluri’elles » accueille des femmes, mais aussi un homme autour d’une passion commune, celle du stylisme. A l’envers ou à l’endroit, les participants en font voir de touts les couleurs aux matières textiles. Dans cet espace d’expérimentation et de recherche, le vêtement reste le fil conducteur autour duquel se tissent les projets et peu importe que l’on sache coudre ou non. Adolescents et adultes u trouvent un lieu propice au développement de leur potentiel d’innovation : détricoter les poncifs de la mode, recycler l’existant, sonder les matières, explorer couleurs et formes. Ce qui compte, c’est de sortir de l’approche traditionnelle de l’habillement. Portable ou non, parfois éphémère, la création se doit d’en découdre avec le prêt-à-porter. Coup d’œil rétrospectif sur vingt années de pratique intense et fertile.

Le sens du projet

Quelle que soit l’animatrice Françoise Pendville ou Isa Tio, l’esprit de l’atelier perdure au fil du temps. Passer de la couture à la création textile exige de tisser des liens entre des univers différents, d’en extraire un substrat innovant et de nourrir sa rêverie de substances éloignées de la confection. C’est aussi éveiller son esprit, le rendre attentif à mille et uns petits détails et favoriser l’émergence de conditions qui ouvrent à une maturation différente ; créer, c’est lancer des questions qui réveillent, interpellent, dérangent. C’est rechercher la solution, en prenant le problème par l’autre bout et détourner les consignes pour mieux y répondre encore. La contrainte est indispensable pour dépasser ses clichés et faire de cette contrariété un atout.

L’atelier stylisme est un espace d’émulation loin du cousu main, c’est un lieu d’acquisition d’un minimum de savoir-faire technique pour faciliter la mise en œuvre de son projet : couper un patron, tailler, faufiler, ourler, surfiler, surjeter, piquer, broder, imprimer s’appréhendent selon les nécessités. Acquérir des compétences nouvelles, expérimenter de manière concrète le passage du patron au corps, passer de la deuxième à la troisième dimension est important.

Mettre en commun des matériaux, accepter le troc, découvrir des partis-pris esthétiques différents, respecter les choix de l’autre, repenser le corps, être confronté à d’autres visions du vêtu, voilà quelques enjeux de cet atelier.

Coudre ensemble est un moment de partage et de maillage social où le regard des uns et des autres se pose sur le travail créatif de chacun dans une optique de critique constructive : oser se dévoiler, verbaliser, argumenter ses choix, entendre le point de vue de chacun, sa différence.

Tout arrive avec leur badge, leur conception vestimentaire, leurs envies. Participer à un tel atelier mobilise la sensibilité des participants invités à observer, à dessiner, à transférer, à classer, à toucher, à lier, à coudre en un mot à dénouer les fils de la création en y prenant plaisir pour mieux se réapproprier le vêtement.

Métisser tradition et mode contemporaine Renouer avec la faculté de créer, le goût du risque et la possibilité de réaliser ses rêves, de se réaliser soi … Le pouvoir du créateur : « avoir la foi »…

Du Nord au Sud, du Sud au Nord, nombre de mains féminines ont façonné des poupées à partir de chiffons. Voilà un peuple ludique où se tissent des fibres d’ici et d’ailleurs racines universelles de l’innocence.

« Le Bazin allie tradition innovation, car il s’agit d’offrir des produits qui évoluent avec les modes ou par la volonté de la teinturière de se démarquer des autres ateliers. La créatrice recherche en permanence de nouvelles harmonies de couleurs, de nouveaux graphismes. Elle s’allie avec l’attacheur dans ces explorations.

Cette branche de l’économie informelle locale a permis à de très nombreuses femmes de découvrir progressivement l’indépendance financière et de prendre une place significative dans ce secteur d’activités. Ces modifications ne sont pas qu’économiques, loin s’en faut, elles sont aussi sociales, culturelles… »

Patricia Gerimont « Bazin du Mali »

Les personnes actives de nos ateliers CEC Pluriel ramènent des quatre coins du globe des tissus … un subtil mélange d’Orient, d’Occident … un style métis peut résumer la démarche. Il en ressort par exemple ; un mélange d’influences du Sud, un contraste d’imprimés, de couleurs, de touches de wax africains recrées sous une charte graphique de motifs géométriques…

Le son de la mode …

Façonner un univers autour de la musique en utilisant le style et la mode…, un mix de paradoxes … perspectifs isométriques A notre époque de communication de média sociaux tous les univers se mélangent … univers artistique, théâtral, musical … les professionnels font appel à des stylistes.

Mode et musique ont toujours fait bon ménage. La musique y est utilisée comme une image pour compléter ou accentuer l’idée du défilé. Il en ressort des robes aériennes en voile de soie blanc qui possèdent la grâce dont le corps semble faire le trait d’union entre le ciel et la terre. Les femmes de l’atelier aiment surprendre et osent des associations de couleurs inattendues. Elles utilisent une palette de teintes transversales, elles trouvent ainsi un juste équilibre, du fluo avec du camel ou moutarde avec du bleu roi, indigo, pastel … le look peut être un paradoxe dans un style insolite. On peut y admirer aussi la simplicité, l’usage décomplexé d’une gamme de couleurs pastel, des coupes qui sortent du cadre. Nos stylistes ont réinterprété avec les jeunes, le t-shirt iconique en l’habillant d’imprimés graphiques, vintage inspiré des archives maison…

La mode se conjugue au futur proche …

A l’ère de la fast fashion les créateurs apportent leur pierre à l’édifice, tester et inventer des textiles ? Ils préfèrent être connectés au monde qui les entoure, être en phase avec les enjeux actuels de la société. On constate une approche différente du métier avec le déplacement des nouvelles technologies. Il s’agit d’imaginer quelque chose d’inédit en travaillant de manière interdisciplinaire.

L’artisanat traditionnel y trouve ainsi de nouvelles perspectives, sa philosophie n’est d’ailleurs pas tellement éloignée de celle des scientifiques. Toutes deux impliquent des compétences et connaissances extraordinaires… Qualifiée à tort d’hostile, la technologie permet au contraire d’établir une relation plus intime et personnelle avec le monde qui nous entoure.

Un dialogue entre deux disciplines qui ouvre magistralement le champ des possibles pour les années à venir.

Une approche visionnaire qui se doit d’allier fonctionnalité et esthétisme … à l’origine des projets d’expérimentations de matériaux … la robe en papier … le jersey d’aluminium, une mode ultra connectée qui œuvre le champ des possibles… un univers fait main, une créativité débordante des recherches qui privilégient le batik, le bandhani, les broderies sous l’impulsion joyeuse de nos stylistes …

Les ensembles, des blazers structurés, des manteaux en velours côtelé, des costumes cintrés en laine nous proposent une promenade pédagogique inouïe.

Les stagiaires de stylisme