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Art thérapie

Donner les couleurs du ressenti…
Des blessures non cicatrisées… une souffrance difficile à gérer

Le thérapeute possède cette forme de sensibilité, doublée d’une sorte de plasticité qui lui permet de sentir les êtres.Dans cette démarche, l’artiste en santé mentale devient l’archéologue de soi et des siens. Il ne suffit pas de traverser le pont pour s’affranchir de son passé… il faut du temps pour arriver à se retourner… pour certaines femmes, cela peut prendre des mois pour être quitte de leurs fantômes.

Le solfège de sa musique intérieure… ce qui se lit les larmes aux yeux a dû être écrit les larmes aux yeux, dans nos ateliers on peut exorciser ses démons sans se mettre en danger.
Des figures s’y dessinent, précises, imprécises, révélant une analyse à distance des vérités efficientes et secrètement partagées.

Certains possibles de l’art dans le processus de guérison,… des ateliers histoires de vie pour l’affirmation de soi…

Pour que ces femmes au parcours difficile et ayant pour beaucoup d’entre elles vécu longtemps sous la domination et la dépendance puissent sortir de dette forme d’enfermement.

Elles ont des corps « meurtris » non pas nécessairement qu’ils portent des coups mais ils sont refermés sur eux-mêmes, en position de repli, de protection.

C’est observable au niveau de leurs postures, de leurs mouvements, de leurs gestes, de leur voix ou de leur silence…

Quand le corps, la voix, le regard sont les vecteurs…

L’art thérapie c’est l’exploitation du potentiel créatif de la personne à des fins thérapeutiques. Les séances permettent à la fois d’évacuer le trop-plein émotionnel, de faire avancer la personne dans la lecture qu’elle a d’elle-même et de son parcours… transformer un événement traumatique en quelque chose de potentiel, de vivant sur lequel elle pourra s’appuyer pour avancer. Ces expressions artistiques émancipées les portent dans la vie.

De l’ombre ou de la lumière…
L’art peut-il venir au secours de l’âme ?

La démarche artistique peut ouvrir un espace avec soi-même, faire dialoguer les différentes facettes d’une personnalité. Elle peut redonner du sens au temps pénitentiaire, une façon de sortir la personne et la femme de leur enfermement. Un temps qui permet aussi de construire une identité collective, de vivre l’expérience d’un esprit d’unité qui servira peut-être de jalon pour le futur.

La détenue est-elle condamnée à être seule responsable des conditions de sa trajectoire ? Le contexte psychologique de vie et le contexte social expliquent souvent le passage à l’acte. Pour garantir un cadre légitime et évolutif, cet espace d’expression est toujours négocié avec les détenues comme avec l’administration pénitentiaire.

Les relations avec les agents pénitentiaires de surveillance sont aussi très importantes. Dans ces petits moments de liberté, les femmes retrouvent leurs possibilités de parler sans tabou, dans le plaisir… C’est un véritable travail citoyen qui leur permet de prendre distance par rapport à leur existences et à ce qui les a amenées en prison.

L’émotion est toujours palpable, dans ce contexte où montrer ses sentiments fragilise plus que ne renforce. A partir de cet espace où tous les possibles se réactualisent, où la perspective d’une reconstruction est envisageable.